Addicts, un thriller social et urbain

Quatre personnages en quête de rédemption se débattent avec leur passé dans un quartier dit «difficile», le quartier du Lac. Un jour, on leur propose un casse. Mis devant la tentation de l’argent facile, et du rêve de ne plus avoir à se confronter à l’enfer du quotidien, vont-ils basculer? Ex-délinquants, ce ne sont pas des anges, c’est justement leurs contradictions qui les rendent si attachants.
Quel avenir choisiront-ils?
Tous ces Addicts agissent et s’agitent, mais qui tire vraiment les ficelles? C’est peut-être vous...

Depuis le 15 novembre 2010 sur addicts.arte.tv, Addicts s’écrit au quotidien sur Internet.
Et rendez-vous le 17 décembre, après l’assemblage d’une centaine de modules, soit plus de 200 minutes, pour le dénouement.

Un dispositif global au service d’Addicts

Addicts est une fiction non-linéaire, son site exploite toutes les fonctionnalités du Web pour proposer une expérience numérique sans précédent. Conçu par l’agence bordelaise Websiteburo, il a été pensé pour contribuer au caractère addictif de la série et créer un mode de navigation unique.

Le site internet

Tous les lundis, mercredis et vendredis, un nouvel épisode est mis en ligne. L’internaute pourra naviguer et regarder 5 séquences au choix :
- les 4 séquences des personnages principaux. Chaque module est un puzzle dont les pièces sont manipulées librement par l’internaute qui peut les voir séparément, en totale liberté.
- les «GAV» (Garde à Vue) permettent de vivre l’histoire et ses rebondissements via une autre chronologie, celle des enquêteurs qui interrogent les personnages au sein du commissariat. Ils prennent connaissance des faits en même temps que l’internaute.
Et aussi :
- les séquences « Backstage » ramènent au cœur du quartier. Sur un mode documentaire, elles ont pour vocation de resituer la web série dans le réel en explorant l’environnement de nos héros. Les Backstage ont été réalisés par Philippe Brault.

La vie numérique en temps réel

La TimeLine est une ligne d’infos continue dans le temps du récit qui mélange fiction et réalité, et se prolonge sur le Web.
La sphère virtuelle existe depuis le 14 octobre, l’intrigue se dévoile sous forme d’indices et d’empreintes distillés au coup par coup sur la Toile. La vie des personnages se décline sur les réseaux sociaux, blogs, reportages de télévision, articles de presse, révélations, fuites, rumeurs, tchats, site d’achats en ligne.

Quatre personnages sur la corde raide

Addicts joue à la fois sur le territoire de la fiction et celui de la réalité. Dans cet univers foisonnant, les personnages sont entraînés, aspirés et d’autres manipulés, tous travaillés par leurs addictions.

Saad, récidiviste, retrouve ses amis en sortant de prison. Il sort avec un « plan » de braquage. Mais ses amis ont changé, le quartier aussi.

Damien est le meilleur ami de Saad, avec qui il a partagé la prison et toutes les galères. Il a entamé une nouvelle vie avec femme et enfant. Mais il doit éponger une énorme dette. Résistera-t-il à la tentation du braquage ?

Djibril, qui n’a jamais connu la prison, a décidé lui aussi d’arrêter les conneries. Saad n’en croit d’ailleurs pas ses yeux quand il découvre que son ami est devenu styliste... Djibril va tenter de protéger ses deux amis contre leurs démons mais devant les difficultés, il commence à douter.

Anna, passionnée et engagée, croit que le cinéma peut changer le monde. Installée dans le quartier pendant que Saad purgeait sa peine, elle mène tant bien que mal son projet de film sur la cité pour tenter de sauver les jeunes et se sauver elle-même.

La production d’une fiction pas comme les autres

Une aventure née de plusieurs rencontres

Janvier 2009 à Bordeaux, quartier des Aubiers, deux jeunes tout juste majeurs désireux de réaliser un court-métrage se présentent à Lydia Hervel, scénariste, forts d’une subvention de 6000 euros attribuée par le service des Actions culturelles d’ARTE.

Lydia Hervel menait alors depuis plusieurs mois des ateliers d’écriture au sein de la cité. Accompagnée des jeunes, elle présente leur projet de fiction à la chaîne, projet qui deviendra une «web-fiction».
Mise en contact avec Mascaret Films, elle met en place un nouvel atelier d’écriture professionnel auquel Vincent Ravalec participe. Vincent Ravalec s’enthousiasme pour le projet. Il rencontre les talents du quartier des Aubiers, fait de leur vie un scénario, et d’eux, des acteurs.

De l’écriture à l’image

Addicts a été pensé autrement, conçu pour permettre au spectateur de s’introduire dans l’histoire comme il le souhaite, un peu comme par effraction.

Vincent Ravalec a élaboré un scénario précis pour entrer dans la dimension hypertexte du net, mettant ainsi l’internaute en position de voyeur alors qu’il s’imagine observateur démêlant difficilement le faux du vrai. Cette écriture nouvelle aide aussi à ancrer le dilemme entre réinsertion et addiction. Le cœur de l’histoire est avant tout une réflexion sociale et humaine.

De l’écriture au tournage, Vincent Ravalec a travaillé dans un système d’allers-retours permanents entre son imaginaire et la réalité portée par les comédiens (consultations sur le réalisme des scènes et improvisation au tournage). Une réalisation alimentant le perpétuel « border line » entre réalité et fiction.

Juin 2010, Vincent Ravalec et l’équipe tournent dans le quartier pendant 2 mois. 90% de la distribution sont de vrais habitants du quartier devenus comédiens pour Addicts.

Un travail singulier et participatif qui a bénéficié d’un budget de 1 180 000 euros.

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Addicts, C’est une web-fiction
Où la voyante est une vraie voyante.
L’imam un vrai imam.
Les voyous étaient des voyous.
Ça se passe dans une vraie cité.
Mais tout est faux.
Ou plutôt c’est de la fiction qui devient réalité.
Et de la réalité qui devient de la fiction.
Les personnages existent sur Internet.
Une grosse somme d’argent a disparu.
Cela croise des morceaux d’histoires très courtes qui parlent de choses vitales.
Un film se tourne comme antidote à la délinquance.
Un casse se prépare au détriment du film.
Les acteurs ont l’air de jouer bizarrement.
En fait ils ne jouent pas bizarrement, ils sont exactement comme dans la vie.
Des garçons jouent les durs.
Des filles parlent de leur problème de filles.
Des yamakasis grimpent au premier étage sans filets.
Et aussi un stratagème délictueux ingénieux.
Avec un flic qui poste les captations des gardes à vues sur internet.
A la fin, on se demande si on ne devrait pas se méfier des vieux plutôt que des jeunes.
Et à qui profite le casse.
Une ville qui aimerait bien relier son centre et sa périphérie.
Tout finit - presque - bien.

Vincent Ravalec